Tout est parti du lieu: un espace vierge, une voûte en vielles pierres immergée au beau milieu d’une ville nouvelle, d’un éco-quartier tout juste sorti de terre.

L’idée même de quartier. Faire de l’endroit un « bistrot de quartier », où l’on aime se retrouver avec ses voisins, ses amis, pour claquer un bab autour d’un apéro, venir manger en famille le dimanche avec la grand-mère, ou siroter un cognac en terrasse avec les potes jusqu’à la fermeture. Le troquet d’en bas où tu attends l’autre quand tu as oublié tes clefs. Celui où tu retrouves ta meilleure amie pour lui confier des trucs trop importants.

Pour nous qui n’avions tenu que des vieux bistrots, dans des vieux quartiers, l’idée de tenter de recréer un endroit, une ambiance, à partir de zéro, était un vrai challenge. Mais les possibilités du lieu, l’occasion de tout créer à notre main, d’avoir notre potager, de planter nos vignes, nous ont donné l’envie de le relever.

Avec Lila Djellali, qui nous a accompagné sur la création du lieu, nous avons glané ça et là des miettes de vieux bistrot, pieds de table en fonte, chaises Baumann années 50, table de campagne, baby Bonzini, appliques années 60, que nous avons semé autour du grand comptoir en marbre blanc, pour rappeler les crèmeries d’antan. Une trancheuse à volant et une glacière de charcutier restaurée viennent dans la foulée.

Pour intégrer la modernité du quartier, nous avons structuré le tout avec de la structure métallique brute, et Christophe Cheney, notre architecte, a dessiné une banquette en « multiplis qui n’a rien à cacher », le comptoir en marbre et acier brut.

La cuisine ouverte prolonge la salle. Et le curieux peut manger au comptoir en regardant les cuisiniers s’affairer.